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Rédiger un contenu web accessible : ce que le RGAA exige de vos textes

Rédiger un contenu web accessible

Rédiger un contenu web accessible : ce que le RGAA exige de vos textes

/LAPLUME.MG

53,1 % des pages d’accueil analysées par WebAIM en février 2026 comportaient au moins un visuel sans alternative textuelle. Ce n’est pas un défaut d’intégration. C’est une phrase que personne n’a écrite.

Depuis le 28 juin 2025, l’accessibilité numérique ne concerne plus seulement le secteur public. Elle s’impose aux entreprises de plus de dix personnes qui vendent ou facturent en ligne. Le débat, lui, est resté technique : contraste, navigation au clavier, lecteurs d’écran. Une partie des obligations ne se règle pourtant pas dans le code. Elle se règle dans le contenu, et elle relève de la rédaction web.

Cet article traite ce sujet. Vous y trouverez le périmètre de l’obligation, les montants encourus, les quatre familles d’exigences qui pèsent sur la rédaction de contenu web, des exemples avant et après, et un ordre de priorité utilisable sur un site web déjà en ligne. L’objectif n’est pas de faire de vous un auditeur, mais de vous donner de quoi arbitrer.

Qui est concerné, depuis quand, et ce que vous risquez

Les seuils qui déclenchent l’obligation

La règle se lit à l’envers. Sont exemptées les micro-entreprises : moins de dix personnes, et un chiffre d’affaires ou un bilan sous deux millions d’euros. Les deux conditions doivent être réunies. Une société de quinze salariés qui facture 600 000 euros reste donc assujettie.

Deux dates comptent. Les services mis en ligne après le 28 juin 2025 devaient être conformes immédiatement. Ceux qui existaient avant ont jusqu’au 28 juin 2030. Le cadre vient de la directive européenne 2019/882, transposée par la loi du 9 mars 2023, un décret et un arrêté du 9 octobre 2023.

Le montant, et ce qu’il faut publier en plus

Jusqu’à 50 000 euros par service numérique non conforme, renouvelables tous les six mois. Un site marchand, une application et un espace client comptent pour trois services. S’ajoute une amende jusqu’à 25 000 euros sans déclaration d’accessibilité ni schéma pluriannuel. La DGCCRF contrôle les services marchands. Le résultat financier n’est pas le seul enjeu. Une entreprise mise en demeure voit l’information circuler, et l’atteinte à la crédibilité de la marque dure plus longtemps.

La déclaration d’accessibilité est un contenu public à part entière : périmètre, taux de conformité, contenus non accessibles, dérogations, contact dédié et voies de recours. Elle s’écrit. Le schéma pluriannuel aussi. Le réflexe utile consiste à fixer vos règles d’écriture en amont, plutôt qu’à documenter après coup un état que personne n’a piloté. Et à vérifier que ce cadrage couvre aussi les contenus confiés à vos opérations digitales déléguées.

Une attention particulière pour les sites marchands. Le périmètre couvre les fiches produits, le tunnel d’achat et le service après-vente. Un visiteur qui ne finalise pas sa commande n’est pas un incident d’affichage, c’est un défaut de conformité. Prix, délai et garantie légale sont des informations essentielles : elles doivent rester lisibles par une technologie d’assistance.

Un rappel : cet article décrit un cadre réglementaire. Il ne remplace pas l’analyse d’un juriste.

Ce que le RGAA demande à vos textes, et pas à votre code

Quatre familles d’exigences qui relèvent de la rédaction

Le référentiel applicable en France est le RGAA 4.1 : 106 critères répartis en treize thématiques. Il décline la norme européenne EN 301 549, qui reprend les critères WCAG 2.1 de niveaux A et AA. Une version 5 arrive fin 2026, alignée sur les WCAG 2.2. Rien de cela ne modifie le partage des rôles.

Sur ces treize thématiques, une bonne moitié des points bloquants se joue au clavier d’un rédacteur.

Répartition des exigences RGAA entre intégration et rédaction

Ce qui se corrige dans le code Ce qui se corrige dans le contenu
Contraste des couleurs (critères 3.2 et 3.3) Alternatives textuelles des visuels (critères 1.1 à 1.9)
Navigation au clavier et prise de focus Sous-titres, transcriptions, audiodescription (critères 4.1 à 4.7)
Balises de structure et attributs ARIA Intitulés de liens et plan des titres (critères 6.1 et 9.1)

 

La frontière n’est pas étanche. Un titre de niveau deux mal placé est une erreur de balisage autant qu’une erreur de plan. Mais la pertinence d’une alternative, la fidélité d’un sous-titre, la clarté d’une phrase : aucun développeur ne les produira à votre place. Nous le constatons sur chaque production de contenus web reprise après un audit, et une simple relecture et correction fait remonter plus de non-conformités qu’un scan automatique.

Le bénéfice SEO, et pourquoi il ne se décrète pas

Ces éléments sont aussi ceux que lisent les moteurs de recherche. Un plan de titres cohérent, des balises correctement renseignées et des intitulés de liens explicites servent la visibilité d’une page pour des raisons étrangères au handicap. Une transcription rend indexable un contenu vidéo qui, sans elle, reste muet pour un moteur. Le maillage interne y gagne aussi : une ancre explicite est à la fois un critère RGAA et un signal SEO.

Le rapprochement s’arrête là. L’accessibilité n’est pas une technique d’optimisation SEO déguisée, et personne ne promet de résultats de position. Attendez-vous à plus modeste et plus sûr : un site web mieux organisé, des contenus plus faciles à indexer, une base saine pour optimiser ensuite votre référencement.

Un point de vigilance, souvent mal compris par les équipes marketing et SEO : un plan de titres ne se construit pas autour de mots-clés, mais autour de la logique du contenu. Vos mots-clés ne changent pas parce que la page devient accessible. Quand les deux logiques divergent, c’est la lecture qui gagne, parce qu’elle sert à la fois l’audience et l’optimisation. Utilisez cette convergence pour financer le chantier auprès de votre direction, pas pour le justifier auprès de vos utilisateurs.

Écrire en langage clair : l’exigence que le RGAA ne porte pas

Cherchez un critère « langage clair » dans le RGAA 4.1. Vous n’en trouverez aucun. L’exigence existe pourtant, et elle est plus stricte que ne le laissent croire la plupart des articles sur le sujet. Elle figure dans l’arrêté du 9 octobre 2023, qui demande des informations compréhensibles, sans dépasser un niveau de complexité supérieur au niveau B2 du cadre européen commun de référence pour les langues.

B2 est un plafond, pas un objectif. En pratique : une idée par phrase, la voix active, les sigles développés à leur première occurrence, et le terme courant préféré au jargon de métier quand les deux disent la même chose.

Deux reformulations au niveau B2

Formulation d’origine Version reformulée
La validation de votre commande est subordonnée à la réception effective du règlement. Nous validons votre commande dès que le paiement est reçu.
Nonobstant les dispositions précitées, un délai de rétractation de quatorze jours demeure applicable. Vous gardez quatorze jours pour changer d’avis.

 

Même information, moitié moins de mots. Le niveau B2 ne dit rien de la longueur des paragraphes, mais la lecture à l’écran impose sa discipline : trois à quatre phrases par paragraphe, l’idée annoncée dès l’introduction du bloc, pas de subordonnées en cascade. Les internautes qui écoutent la page en synthèse vocale subissent cette contrainte plus durement.

Un point d’attention sur l’audience réelle, celle que vos statistiques ne montrent pas. Un lecteur dyslexique, un internaute en mobilité, un client dont le français n’est pas la langue maternelle : tous ont les mêmes attentes de clarté. Adapter le niveau de langue à cette audience élargie ne dilue pas votre message commercial, cela le rend plus efficace.

Le bénéfice dépasse la conformité. Un contenu au niveau B2 répond aux attentes du service client et réduit le nombre de questions, quelle que soit la cible. Sur des contenus déjà publiés, réécrire vos contenus revient moins cher qu’une refonte. Utilisez un guide de style court plutôt qu’une liste d’interdits. Tenir ce registre demande quelqu’un qui l’applique à chaque publication : une passe unique ne suffit pas, d’où l’intérêt d’un rédacteur web dédié.

Titres, alternatives et boutons : les manquements les plus répandus

La hiérarchie de titres, telle qu’un lecteur d’écran la restitue

Un utilisateur de lecteur d’écran ne lit pas la page de haut en bas. Il la parcourt par ses titres, comme une table des matières. Le critère 9.1 demande que l’information soit structurée par un usage approprié des titres. WebAIM relève des niveaux sautés sur 41,8 % des pages, plusieurs titres de niveau un sur 18,1 %, et aucun titre du tout sur 7,5 %.

Un exemple. Avant : « Nos services », « Nos services », « Informations utiles ». Après : « Rédaction d’articles », « Relecture », « Délais et tarifs ». Le second plan se navigue, le premier oblige à tout écouter.

Le raisonnement vaut pour vos liens internes. Le critère 6.1 exige qu’un intitulé permette d’en comprendre la fonction et la destination, seul ou dans son contexte. « En savoir plus », répété douze fois, n’y répond pas.

L’alternative textuelle, et pourquoi la plupart sont inutiles

16,2 % des images n’ont aucune alternative. Plus discret : 10,8 % de celles qui en portent une affichent un contenu répété ou douteux, du type « image » ou un nom de fichier. Plus d’un visuel sur quatre pose donc problème. Le critère 1.3 ne réclame pas une description exhaustive, mais une alternative pertinente, courte et concise selon le test 1.3.9.

Trois attributs ALT, avant et après

Visuel ALT à éviter ALT attendu
Bandeau décoratif en tête d’article photo bureau équipe rédaction Attribut vide, visuel ignoré (critère 1.2)
Graphique d’évolution du chiffre d’affaires graphique-ca-2026.png Chiffre d’affaires en hausse de 12 % entre 2024 et 2026
Bouton illustré d’une loupe loupe Rechercher

 

Un attribut ALT n’est pas un champ à mots-clés. Optimiser une alternative ne consiste pas à y glisser des mots-clés : l’écoute se dégrade, le référencement n’y gagne rien, et les moteurs ont cessé depuis longtemps de lire ce signal. Utilisez la règle inverse. Décrivez ce que l’illustration apporte au propos, puis arrêtez-vous.

Sur un catalogue de milliers de références, la reprise ne se fait pas à la main. Elle s’organise en traitement de données en volume, avec un gabarit par type de visuel et un contrôle par échantillon. C’est la seule façon d’optimiser un volume pareil sans y passer un trimestre.

Boutons et appels à l’action, le maillon oublié

Un bouton sans intitulé accessible est invisible pour une technologie d’assistance. WebAIM en relève sur 30,6 % des pages d’accueil. Le critère 11.9 impose un intitulé de bouton pertinent, et le critère 6.1 couvre les liens qui font office d’appel à l’action. Un bouton attire l’attention visuellement, puis reste muet à l’écoute.

C’est le point où la conformité rejoint le marketing. Un CTA que personne ne peut activer n’incite personne, ne génère aucun prospect et fait perdre un achat déjà décidé. « Cliquez ici » ne dit rien hors contexte. « Demander un devis » incite et informe. Proposez toujours un intitulé qui décrit l’action, jamais le geste. La même exigence vaut pour toute rédaction de pages web que vous publiez.

Le même conseil vaut sur les réseaux sociaux, où l’alternative textuelle est souvent oubliée alors que l’audience y dépasse parfois celle de votre site.

Sous-titres et transcriptions : l’obligation la plus souvent ignorée

Le multimédia est le poste le plus coûteux à rattraper. Le critère 4.1 impose une transcription textuelle pour l’audio et la vidéo pré-enregistrés. Le 4.3 impose des sous-titres synchronisés sur les vidéos sonores. Le 4.4 impose que ces sous-titres soient pertinents et correctement synchronisés.

Ce dernier point élimine le réflexe le plus courant. Les sous-titres générés automatiquement par une plateforme vidéo ne suffisent pas : ils sautent des mots, ignorent la ponctuation et déforment les noms propres. WebAIM observe 9,4 erreurs de plus que la moyenne sur les pages qui embarquent une vidéo YouTube.

Une transcription n’est pas un sous-titre. La première est un contenu texte lisible seul, la seconde une piste synchronisée sur l’image. Les deux peuvent être exigées sur une même vidéo, ce qui double le budget si vous ne l’aviez pas anticipé. Avant de chiffrer, comparez les tarifs de retranscription et clarifiez les types de transcription attendus, parce que le verbatim et la version synthétisée ne demandent pas le même travail.

La transcription produit un effet secondaire utile. Elle crée un contenu informatif indexable là où il n’y avait qu’un lecteur vidéo. Une vidéo sans transcription perd la visibilité que le contenu mérite, pour un moteur comme pour un internaute pressé qui préfère lire. Proposez-la en regard de la vidéo, pas dans un fichier à télécharger. Utilisez ce double bénéfice pour adapter l’ordre de production.

Une dernière étape, essentielle, s’oublie souvent : le contrôle qualité des pistes livrées. Relisez un échantillon avec la vidéo. Un sous-titre décalé de deux secondes reste non conforme, même bien écrit.

Par où commencer sur un site existant

L’ordre compte davantage que l’exhaustivité. La méthode tient en quatre étapes. Commencez par l’inventaire des vidéos et des fichiers audio, parce que c’est le poste au délai le plus long et celui qui ne se rattrape pas la veille d’un contrôle. Traitez ensuite les visuels porteurs d’information, puis le plan des titres, puis les textes. La déclaration d’accessibilité arrive en dernier, puisqu’elle décrit un état constaté. Votre décision principale porte sur l’étape une : en interne ou déléguée.

Un conseil de calibrage. Ce chantier ne se pilote pas avec une liste de mots-clés, mais avec un inventaire. Partez de vos pages les plus visitées, créez un lot de test avant d’industrialiser, et mesurez avant d’optimiser quoi que ce soit. Vingt contenus bien repris valent mieux qu’un audit intégral que personne n’exploite.

Une réserve honnête : cet ordre suppose que le socle technique tienne. Si vos gabarits produisent des titres incohérents, aucune règle de rédaction ne corrigera le problème à leur place.

Vous avez des heures de vidéo à mettre en conformité et aucune ressource interne ? Vous pouvez faire transcrire vos contenus par une équipe francophone, en commençant par un lot pilote qui valide le rendu attendu. Présentez-nous le volume, les délais et le niveau de contrôle souhaité, et nous vous aiderons à cadrer un premier lot réaliste.

Questions fréquentes

Mon site vitrine est-il concerné ?

Le texte européen vise des services précis fournis aux consommateurs : commerce en ligne, banque, transport de voyageurs, communications électroniques et médias audiovisuels. Un site web strictement vitrine, sans vente ni espace client, sort de ce périmètre. Attention au moindre formulaire de commande, à une fiche de produits achetable ou à une réservation : ces éléments font basculer le site du côté des services couverts.

Qui est responsable si le contenu vient d’un prestataire ?

L’obligation pèse sur l’opérateur économique qui fournit le service, pas sur le sous-traitant qui a produit le contenu. C’est vous qui déclarez la conformité et qui répondez d’un contrôle. Un prestataire sérieux documente ses règles de qualité, mais cela relève du contrat. Créez des critères d’acceptation explicites sur les alternatives, les sous-titres et le niveau de langue, adaptés à vos attentes.

Une image complexe demande-t-elle plus qu’un attribut ALT ?

Oui. Un schéma, un graphique ou une infographie informative relèvent du critère 1.6, qui impose une description détaillée en plus de l’alternative courte. Elle peut figurer sous le visuel ou derrière un lien adjacent identifiable. Le critère 1.7 impose qu’elle transmette les mêmes informations que le graphique, pas seulement qu’elle en annonce l’existence.

Peut-on invoquer une charge disproportionnée ?

Le décret prévoit cette possibilité, mais elle se prouve. Documentez votre évaluation selon les critères fixés en annexe, conservez-la et présentez-la à l’autorité de contrôle sur demande. La charge s’apprécie au regard de la taille de l’entreprise, du coût réel et du bénéfice pour les utilisateurs. Un budget insuffisant affirmé sans chiffrage ne suffit pas.

Les PDF téléchargeables sont-ils concernés ?

Un document mis à disposition sur un service couvert doit être accessible comme le reste du site. Les critères de structuration s’y appliquent : hiérarchie réelle plutôt que du texte agrandi, listes correctement balisées, intitulés explicites, changements de langue signalés. Une notice ou des conditions générales en PDF sont concernées. C’est le point aveugle habituel.

Le RGAA 5 arrive : faut-il attendre pour agir ?

Non, et la DINUM le précise : les travaux en cours ne doivent être ni suspendus ni reportés. La version 5, attendue pour la fin 2026, intégrera les WCAG 2.2. Les critères de rédaction décrits ici ne disparaîtront pas de cette évolution du sujet. Une déclaration publiée sous le référentiel actuel reste valable un temps après la sortie de la nouvelle version.

Comment tester soi-même ses contenus sans outil payant ?

Les outils automatiques ne détectent qu’une partie des écarts, et aucun de ces tests ne dépend de vos mots-clés. Affichez le plan des titres et lisez-le seul. Extrayez la liste des intitulés et jugez si chacun reste compréhensible hors contexte. Faites enfin lire vos attributs ALT à voix haute par quelqu’un qui ne voit pas l’écran. Ce dernier conseil est le plus révélateur.

Sources et références

Cet article s’appuie sur la méthode technique du RGAA publiée par la DINUM pour la numérotation des critères et sur l’arrêté du 9 octobre 2023 fixant les exigences d’accessibilité, qui porte l’exigence de niveau B2. Le périmètre, les seuils et le régime de sanctions proviennent le décret n° 2023-931 du 9 octobre 2023. Les taux de manquement viennent le rapport WebAIM Million 2026, publié en mars 2026. Les niveaux de conformité attendus renvoient à la traduction française agréée des WCAG 2.1.

FAQ - Questions fréquentes sur le RGAA

Mon site vitrine est-il concerné ?

Le texte européen vise des services précis fournis aux consommateurs : commerce en ligne, banque, transport de voyageurs, communications électroniques et médias audiovisuels. Un site web strictement vitrine, sans vente ni espace client, sort de ce périmètre. Attention au moindre formulaire de commande, à une fiche de produits achetable ou à une réservation : ces éléments font basculer le site du côté des services couverts.

Qui est responsable si le contenu vient d’un prestataire ?

L’obligation pèse sur l’opérateur économique qui fournit le service, pas sur le sous-traitant qui a produit le contenu. C’est vous qui déclarez la conformité et qui répondez d’un contrôle. Un prestataire sérieux documente ses règles de qualité, mais cela relève du contrat. Créez des critères d’acceptation explicites sur les alternatives, les sous-titres et le niveau de langue, adaptés à vos attentes.

Une image complexe demande-t-elle plus qu’un attribut ALT ?

Oui. Un schéma, un graphique ou une infographie informative relèvent du critère 1.6, qui impose une description détaillée en plus de l’alternative courte. Elle peut figurer sous le visuel ou derrière un lien adjacent identifiable. Le critère 1.7 impose qu’elle transmette les mêmes informations que le graphique, pas seulement qu’elle en annonce l’existence.

Peut-on invoquer une charge disproportionnée ?

Le décret prévoit cette possibilité, mais elle se prouve. Documentez votre évaluation selon les critères fixés en annexe, conservez-la et présentez-la à l’autorité de contrôle sur demande. La charge s’apprécie au regard de la taille de l’entreprise, du coût réel et du bénéfice pour les utilisateurs. Un budget insuffisant affirmé sans chiffrage ne suffit pas.

Les PDF téléchargeables sont-ils concernés ?

Un document mis à disposition sur un service couvert doit être accessible comme le reste du site. Les critères de structuration s’y appliquent : hiérarchie réelle plutôt que du texte agrandi, listes correctement balisées, intitulés explicites, changements de langue signalés. Une notice ou des conditions générales en PDF sont concernées. C’est le point aveugle habituel.

Le RGAA 5 arrive : faut-il attendre pour agir ?

Non, et la DINUM le précise : les travaux en cours ne doivent être ni suspendus ni reportés. La version 5, attendue pour la fin 2026, intégrera les WCAG 2.2. Les critères de rédaction décrits ici ne disparaîtront pas de cette évolution du sujet. Une déclaration publiée sous le référentiel actuel reste valable un temps après la sortie de la nouvelle version.

Comment tester soi-même ses contenus sans outil payant ?

Les outils automatiques ne détectent qu’une partie des écarts, et aucun de ces tests ne dépend de vos mots-clés. Affichez le plan des titres et lisez-le seul. Extrayez la liste des intitulés et jugez si chacun reste compréhensible hors contexte. Faites enfin lire vos attributs ALT à voix haute par quelqu’un qui ne voit pas l’écran. Ce dernier conseil est le plus révélateur.

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