Un matin, une partie de vos offres disparaît d’une place de marché. Aucun préavis, aucune explication détaillée : il manque une information de conformité sur vos fiches. Le scénario se répète chez les vendeurs depuis décembre 2024.
En cause, le GPSR. Ce règlement européen sur la sécurité générale des produits impose un socle d’informations sur chaque produit vendu en ligne dans l’Union. Aucun seuil de taille, aucun seuil de volume : la question du GPSR se pose fiche produit par fiche produit, sur la quasi-totalité de ce que vous proposez.
Vous trouverez ici la liste exacte des mentions à ajouter et l’endroit où les placer. Puis un avant-après sur une fiche réelle. Enfin la méthode pour traiter vos milliers de références sans tout réécrire.
NOTRE OFFRE RÉDACTION DE FICHES PRODUITS
La réponse courte d’abord. Pour votre GPSR fiche produit, le règlement exige quatre familles d’informations.
L’identité du fabricant. Celle de la personne responsable dans l’UE, quand le fabricant est établi hors du marché de l’UE. Les éléments d’identification du produit, image comprise. Et les avertissements de sécurité, dans une langue aisément compréhensible par vos consommateurs.
Son nom complet est le règlement général sur la sécurité des produits, règlement (UE) 2023/988, en vigueur depuis le 13 décembre 2024. Vous croiserez aussi l’acronyme français RSGP, nettement moins employé que GPSR. Il remplace une directive de 2001 qui datait d’un monde sans commerce en ligne.
Jusqu’ici, votre fiche produit servait à vendre. Elle reste un outil de conversion, mais elle devient aussi un document de conformité opposable. Cela déplace le budget rédactionnel d’une ligne discrétionnaire vers une ligne d’obligation, ce qui change beaucoup de choses dans un arbitrage interne.
Le périmètre est large : tous les produits de consommation non alimentaires, neufs, d’occasion, réparés ou reconditionnés, vendus en magasin comme en ligne. Les produits initialement destinés aux professionnels et qui migrent vers le grand public sont concernés aussi.
Vous avez déjà un modèle de fiche technique en interne ? Le travail consiste à y greffer un bloc, pas à repartir de zéro. Le mouvement rappelle celui que nous avons décrit à propos de la mention IA obligatoire. Une obligation européenne qui s’écrit dans le contenu, pas dans vos mentions légales.
L’article 19 du règlement liste ce que l’offre doit indiquer de manière claire et visible. Voici la traduction opérationnelle, avec l’emplacement qui fonctionne le mieux sur une page produit.
| Mention | Ce qu’elle contient | Où la placer |
| Identité du fabricant | Nom, raison sociale ou marque déposée, adresse postale et adresse électronique de contact | Bloc conformité, sous les caractéristiques |
| Personne responsable UE | Nom, adresse postale et électronique, exigée quand le fabricant est établi hors de l’Union | Même bloc, juste après le fabricant |
| Identification du produit | Type, numéro de lot ou de série, tout autre identifiant, plus une image du produit | Image en haut de fiche, références dans le bloc conformité |
| Avertissements de sécurité | Mises en garde et consignes qui figurent sur le produit, l’emballage ou les documents joints | Au-dessus du bouton d’achat |
| Langue | Toutes ces informations dans une langue aisément compréhensible par le consommateur du pays de vente | Partout, sans exception |
La DGCCRF le formule sans détour : numéro de type, lot ou série, nom ou raison sociale du fabricant. Ces éléments doivent permettre de retrouver un produit précis dans la chaîne d’approvisionnement, pas seulement une gamme. Un vendeur qui affiche sa propre marque sans référence de lot ne respecte pas cette exigence. Vérifiez que vos fiches respectent ce niveau de détail avant d’aller plus loin.
Une image du produit fait partie des informations obligatoires, ce qui surprend souvent. Elle sert à l’identification, pas à la mise en valeur commerciale. Une photo de mise en situation ne suffit donc pas : il faut au moins une vue nette du produit réel.
Une confusion revient sans cesse. Le règlement vous impose de constituer une documentation technique et de conserver l’évaluation des risques de chaque produit. Rien de tout cela ne s’affiche sur la page. Ces documents restent chez vous, tenus à la disposition des autorités qui peuvent vous les demander.
Sur la fiche, vous publiez les consignes de sécurité et les avertissements destinés au consommateur. Dans vos dossiers, vous gardez l’évaluation des risques, les rapports d’essais, les normes de sécurité appliquées et, quand elle existe, la déclaration de conformité. Deux niveaux, deux publics, deux supports.
Vos étiquettes physiques suivent la même règle. Ce qui figure sur le produit ou sur son emballage doit se retrouver sur l’offre en ligne, puisque votre acheteur ne peut ni manipuler l’article ni lire l’emballage avant de commander. Un produit conforme en rayon peut donc être non conforme sur votre boutique.
Ces exigences se superposent aux bonnes pratiques que nous détaillons dans les points clés d’une fiche produit. Et si vous vendez des denrées, l’alimentaire sort du champ du GPSR et relève d’un autre corpus, traité dans le cas de l’agroalimentaire.
Le règlement répartit les obligations entre plusieurs opérateurs économiques, et chacun voit son rôle changer selon la configuration de vente. Confondre ces rôles est l’erreur qui coûte le plus cher.
Un produit fabriqué hors de l’Union ne peut pas être proposé sans une personne responsable établie dans l’UE. Ce peut être l’importateur, un mandataire ou un prestataire spécialisé. Son nom et ses coordonnées figurent sur la fiche, sur le produit ou sur l’emballage, et elle sert de point de contact aux autorités.
Beaucoup de vendeurs découvrent cette exigence par une désactivation d’offre. Sur Amazon, un vendeur qui n’a pas renseigné ces informations de conformité voit ses annonces suspendues, souvent sans avertissement préalable. Les autres places de marché européennes appliquent la même logique.
Si vous vendez des produits de plusieurs fournisseurs, la collecte de ces données devient un chantier à part entière. C’est le moment de décider si vous la gardez en interne ou si vous la confiez, comme le reste de notre offre fiches produits. La décision d’externaliser votre rédaction se prend sur ce constat, jamais sur un tarif.
Votre crainte est légitime : un avertissement de sécurité sur une fiche produit travaillée pour la conversion, cela ressemble à une notice plaquée sur une vitrine. La réponse tient en une règle simple. Séparez visuellement l’argumentaire et le bloc de conformité, et ne les mélangez jamais dans le même paragraphe.
Voici un avant-après sur une fiche d’outillage, anonymisée à partir d’un cas de mise en conformité.
| Avant | Après |
| Ponceuse excentrique 300 W, plateau de 125 mm. Livrée avec trois disques abrasifs. Idéale pour vos travaux de finition sur bois et métal. | Ponceuse excentrique 300 W, plateau de 125 mm. Livrée avec trois disques abrasifs. Idéale pour vos travaux de finition sur bois et métal. |
| (aucune information de sécurité) | Sécurité : port de lunettes et d’un masque anti-poussière obligatoire pendant l’utilisation. Tenir hors de portée des enfants. |
| (aucune information de traçabilité) | Référence PE300-125, lot 2026-04. Fabricant : raison sociale, adresse postale complète, adresse e-mail de contact. Personne responsable UE : raison sociale et adresse dans l’Union. |
Votre argumentaire n’a pas bougé d’une virgule. Deux blocs courts se sont ajoutés en dessous, sous des intitulés explicites. L’acheteur pressé garde son parcours, l’acheteur prudent trouve ce qu’il cherche, et l’agent de contrôle aussi.
Ce bloc ajoute du texte utile et structuré, ce que les moteurs lisent volontiers. Les principes exposés dans rédiger pour l’e-commerce restent valables, et l’impact sur le référencement se pilote comme le reste, avec notre agence SEO.
Sur 3 000 références, la question n’est plus rédactionnelle. Elle devient logistique. Personne ne réécrit 3 000 fiches à la main, et personne n’a besoin de le faire.
La méthode qui fonctionne tient en quatre temps.
Votre travail humain se concentre alors sur la traduction des avertissements et sur les cas particuliers, soit une fraction du catalogue. Le reste relève du paramétrage. Les commerçants qui procèdent ainsi traitent un catalogue entier en quelques semaines, pas en quelques mois.
Vous manquez de bras pour la collecte et la rédaction ? Voilà exactement le type de chantier volumineux et répétitif qu’un rédacteur web dédié absorbe sans mobiliser votre équipe interne. Les modalités figurent dans nos questions fréquentes.
La décision à prendre n’est pas de tout réécrire. Elle est de trancher entre deux approches : un gabarit générique appliqué à tout le catalogue, ou un traitement différencié par famille de risque. La seconde coûte plus cher et protège mieux.
Commencez par vos vingt références les plus vendues, puis par vos produits importés en direct. Ils concentrent votre chiffre d’affaires et votre risque. Le reste suivra par lots.
Votre catalogue est trop volumineux pour une reprise interne ? Présentez-nous le nombre de références, vos délais et le niveau de contrôle attendu. Nous cadrons d’abord un test sur un échantillon. Vous élargissez ensuite la mise en conformité de vos fiches, sous validation humaine assurée par notre équipe à Madagascar.
Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Faites valider votre situation par un professionnel du droit avant toute décision engageante.
Cet article s’appuie sur le texte du règlement européen sur la sécurité générale des produits, l’entretien de la DGCCRF sur ce qui change pour les professionnels, la fiche pratique de la DGCCRF sur l’obligation générale de sécurité, le portail Safety Gate de la Commission européenne et les règles du commerce en ligne publiées par Service Public Entreprendre. Toutes ont été consultées le 25 août 2026.
Oui, le règlement couvre les produits neufs comme les produits d'occasion, réparés ou reconditionnés dès lors qu'ils sont proposés à des consommateurs. Deux exceptions existent : les antiquités, et les produits vendus pour être réparés ou remis en état, à condition que l'acheteur soit clairement informé de cet état. Un revendeur de matériel reconditionné doit donc afficher les mêmes mentions qu'un distributeur de produits neufs.
Vous devez désigner une personne responsable établie dans l'Union avant de proposer le produit. Ce rôle revient le plus souvent à l'importateur, donc à vous si vous achetez en direct. Son nom, son adresse postale et son adresse électronique doivent apparaître sur la fiche. Des prestataires spécialisés proposent aussi ce service, moyennant un abonnement, quand vous ne souhaitez pas endosser la responsabilité vous-même.
Le socle de sécurité et de traçabilité s'applique à tous les produits mis sur le marché, quel que soit le canal. La différence tient au support : en magasin, ces informations figurent sur le produit, l'emballage ou la notice. L'exigence d'affichage sur l'offre elle-même vise spécifiquement la vente à distance, où le consommateur ne peut ni manipuler l'article ni lire son emballage avant l'achat.
Non, plusieurs catégories sortent du champ du règlement. C'est le cas des denrées alimentaires, des aliments pour animaux, des médicaments à usage humain ou vétérinaire, des plantes et animaux vivants, ainsi que des antiquités. Ces produits relèvent de réglementations sectorielles qui leur sont propres, souvent plus exigeantes. Un site qui vend à la fois de l'alimentaire et du non-alimentaire applique donc deux régimes distincts.
Non, et c'est une erreur fréquente. Le texte impose que ces éléments figurent sur l'offre du produit, de manière claire et visible. Une page générique de conformité, un onglet global ou un renvoi vers vos conditions générales ne remplissent pas cette condition. Vous pouvez en revanche utiliser un bloc repliable sur la fiche elle-même, tant que l'information reste directement accessible depuis la page produit.
La DGCCRF assure la surveillance du marché et dispose de pouvoirs de contrôle renforcés. Les sanctions ont été durcies par la loi du 22 avril 2024 : le non-respect des obligations en matière de rappel de produit expose à cinq ans d'emprisonnement et 600 000 euros d'amende, montant pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires moyen annuel. Le risque commercial immédiat reste la suspension de vos offres.
Rarement. L'exigence porte sur la présence d'une image permettant d'identifier le produit, pas sur sa qualité artistique. Si vos fiches affichent déjà une vue nette de l'article réel, vous êtes couvert. Le sujet se pose uniquement pour les catalogues qui utilisent des visuels d'ambiance, des rendus 3D génériques ou des photos de gamme sans le modèle précis vendu.