Un directeur juridique français pose rarement la question en réunion. Il la pose après, par écrit, une fois le devis reçu : sur quelle base légale nos données partiraient-elles à Antananarivo ?
Madagascar ne figure sur aucune liste d’adéquation de la Commission européenne. Ce n’est pas une formalité administrative. Tout le reste en découle. Chaque transfert de données hors UE vers un prestataire malgache doit reposer sur un outil du chapitre V du RGPD. Il doit aussi être documenté avant le premier fichier envoyé, et rester opposable en cas de contrôle.
Ce texte ne décrit pas le cadre en général. Il décrit le nôtre : le module de clauses signé selon votre rôle, le contenu de l’analyse d’impact, les données que nous refusons de recevoir. Puis les quatre documents à exiger de n’importe quel prestataire hors Union européenne. Nous compris.
Une décision d’adéquation, c’est la Commission européenne qui constate qu’un pays tiers protège les données personnelles à un niveau comparable au nôtre. Quand elle existe, le transfert se fait comme vers un pays de l’Union. La liste est courte. Le Brésil l’a obtenue en janvier 2026, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du Sud et une poignée d’autres y figurent. Madagascar, non.
Cela ne veut pas dire que le pays est un vide juridique. La loi n° 2014-038 du 9 janvier 2015 encadre le traitement des données personnelles sur le territoire malgache. Elle pose les principes que vous connaissez : licéité, finalité déterminée, proportionnalité, sécurité, confidentialité. Le décret n° 2023-1541 du 6 décembre 2023 a créé la Commission malgache de l’informatique et des libertés, la CMIL. Ses membres ont prêté serment devant la Cour suprême en août 2025, et la Commission a publié son manuel de procédures en décembre 2025.
Une autorité de contrôle existe donc désormais ici, là où le texte est resté une décennie sans régulateur opérationnel. C’est une bonne nouvelle. Ce n’est pas une adéquation.
La conséquence pratique tient en une phrase : votre responsabilité de responsable de traitement ne se transfère pas avec le fichier. Vous restez comptable devant la CNIL. Nous fournissons donc le dossier complet, quelle que soit la taille du projet, plutôt que d’attendre qu’on nous le réclame. Vous pouvez voir où nous sommes établis et rencontrer nos rédacteurs à Madagascar avant même d’aborder le sujet contractuel.
En l’absence d’adéquation, l’article 46 du RGPD ouvre plusieurs outils. Le plus utilisé, et de loin, reste les clauses contractuelles types adoptées par la Commission européenne dans sa décision d’exécution 2021/914 du 4 juin 2021. Attention à un point que nous voyons encore passer : les anciennes clauses, celles de 2001 et 2004, ne peuvent plus encadrer aucun transfert depuis le 27 décembre 2022. Un contrat signé en 2019 et jamais rouvert ne protège plus rien.
Ces clauses se déclinent en quatre modules. Le module retenu dépend de ce que vous êtes dans la chaîne, pas de ce que nous sommes.
| Votre situation | Module applicable | Ce que cela implique |
| Vous êtes responsable de traitement, vous nous confiez la production | Module 2, responsable de traitement vers sous-traitant | Le cas le plus fréquent. Il s’ajoute au contrat de sous-traitance de l’article 28, il ne le remplace pas. |
| Vous êtes une agence, sous-traitante de votre propre client | Module 3, sous-traitant vers sous-traitant | Nous devenons sous-traitant ultérieur. Votre client final doit en être informé et pouvoir s’y opposer. |
| Vous nous transmettez des données dont nous devenons responsables | Module 1, responsable vers responsable | Rare en rédaction. Nous le refusons dans la plupart des cas, pour la raison expliquée plus bas. |
Signer n’est que la moitié du travail. Les clauses contiennent trois annexes que beaucoup de contrats laissent vides : la description précise des transferts (catégories de personnes, de données, finalités, fréquence), les mesures techniques et organisationnelles réellement appliquées, et la liste des sous-traitants ultérieurs autorisés. Une annexe vide rend l’ensemble inopposable.
Les articles 8.7 et 8.8 des clauses encadrent aussi les transferts ultérieurs. Si nous devions faire intervenir un tiers hors Union européenne, il devrait être lié par les mêmes clauses. Nous en tenons la liste à jour et nous vous la communiquons avec notre activité de sous-traitance éditoriale. Cette rigueur contractuelle ne concerne pas que nous. Elle fait partie de ce qui distingue une bonne agence de rédaction.
C’est l’étape que neuf prospects sur dix découvrent au moment de la signature. Les clauses seules ne suffisent pas. Depuis l’arrêt Schrems II du 16 juillet 2020, l’exportateur doit vérifier que la législation du pays de destination permet réellement à l’importateur de tenir ses engagements, puis documenter cette vérification. Cette vérification porte un nom : l’analyse d’impact du transfert, ou AITD, dont la CNIL a publié la version finale du guide.
Qui la réalise ? L’exportateur, c’est-à-dire vous, avec notre assistance. Pas l’inverse. Nous ne pouvons pas signer votre analyse à votre place, et un prestataire qui vous propose de le faire vous expose plutôt qu’il ne vous protège.
Deux cas seulement dispensent de cette analyse : un pays couvert par une décision d’adéquation, ou un transfert fondé sur une des dérogations limitées de l’article 49. Ni l’un ni l’autre ne s’applique à une prestation éditoriale récurrente vers Madagascar.
Ce que nous fournissons pour alimenter la vôtre :
Une limite, et elle est réelle : une AITD n’est pas un acquis définitif. Elle se réexamine au moins une fois par an, et à chaque changement notable du côté du prestataire comme du droit local. Nous la datons, vous la classez, et nous la reprenons ensemble. Le rythme et le format se calent au démarrage, au même titre que nos missions en cours. Les questions que ce dossier soulève le plus souvent figurent d’ailleurs dans notre foire aux questions.
Un prestataire qui accepte tout est un prestataire qui n’a pas lu son propre contrat. Le principe de minimisation de l’article 5 du RGPD s’applique aussi à nous : nous ne devons recevoir que ce qui est nécessaire à la prestation commandée. Pour de la rédaction web, cela exclut beaucoup de choses.
Nous refusons les données de santé, les données bancaires et les autres catégories particulières de l’article 9. Aucun contenu éditorial ne justifie qu’un fichier de ce type quitte l’Union européenne vers un poste de rédaction. Quand un client e-commerce nous propose un export complet de sa base pour rédiger des fiches produits, la réponse est non : les références produits suffisent, la colonne acheteurs n’a rien à faire dans le fichier.
Trois autres refus, moins évidents :
Ce dernier point crée parfois une friction au démarrage. Elle dure une semaine. Passé ce délai, personne ne revient à l’ancienne méthode.
Le même raisonnement vaut pour les outils. Un traitement de texte en ligne, un correcteur automatique, un assistant de rédaction : chacun est un transfert potentiel. Nous documentons ceux que nous employons, et c’est un point que nous détaillons dans notre approche de la rédaction assistée par IA. Sur le fond, la question rejoint les limites de l’IA générative en rédaction, parce que la plupart des incidents de confidentialité en rédaction viennent aujourd’hui d’un outil mal choisi plutôt que d’un contrat mal rédigé.
Voici la grille que nous vous invitons à nous appliquer, et à appliquer à nos concurrents. Elle tient en quatre pièces. Si l’une manque, le dossier n’est pas complet.
| Document | Ce qu’il doit contenir | Signal d’alerte |
| Contrat de sous-traitance (article 28) | Objet, durée, nature et finalité du traitement, catégories de données, obligations du sous-traitant, sort des données en fin de contrat | Un contrat de prestation commercial présenté comme suffisant |
| Clauses contractuelles types 2021/914 | Le bon module, et les trois annexes remplies ligne à ligne | Des annexes vides, ou des clauses antérieures à juin 2021 |
| Analyse d’impact du transfert | Cartographie des flux, droit local, mesures supplémentaires, date de réexamen | Un prestataire qui propose de la signer à votre place |
| Liste des sous-traitants ultérieurs | Nom, pays, rôle, outil concerné, date de mise à jour | Une mention générale du type « nos partenaires techniques » |
Un cinquième élément ne se demande pas, il se teste : le délai de réponse. Posez la question par écrit et chronométrez. Un prestataire qui a réellement construit son dispositif répond en deux jours avec des pièces jointes. Un prestataire qui l’improvise met trois semaines et renvoie une page de site.
Cette exigence n’a rien d’un obstacle commercial, et nous la trouvons plutôt saine. Elle trie. Elle fait partie des mêmes critères objectifs que les critères pour choisir un rédacteur, et elle éclaire aussi la question du prix d’un article, puisqu’un dispositif documenté a un coût qui se retrouve forcément quelque part dans le devis.
La plupart des appels d’offres traitent la conformité en dernier, une fois le prix négocié. Inversez l’ordre. Un dispositif solide se voit en quarante-huit heures, un tarif se discute ensuite.
Écrivez-nous et demandez le dossier complet : modèle de contrat article 28, module de clauses adapté à votre rôle, trame d’analyse d’impact et liste à jour des sous-traitants ultérieurs. Nous vous l’envoyons sans engagement, et vous le ferez relire par qui vous voudrez. Si le dossier vous convient, nous parlerons de notre offre de rédaction web et du périmètre à nous confier. Vous pouvez aussi parcourir les questions que l’on nous pose le plus souvent d’abord, puis revenir avec un besoin cadré.
Une dernière précision, et elle compte : rien de ce qui précède ne constitue un conseil juridique. Ce texte décrit un dispositif d’opérateur, à faire valider par votre conseil ou votre délégué à la protection des données.
Non. Madagascar ne figure pas sur la liste des pays reconnus comme offrant un niveau de protection adéquat. Tout transfert de données personnelles vers un prestataire malgache doit donc reposer sur un outil de l’article 46 du RGPD, en pratique les clauses contractuelles types, accompagnées d’une analyse d’impact du transfert documentée et conservée par l’exportateur.
Elle y contribue, mais elle ne remplace rien. La loi n°2014-038 du 9 janvier 2015 impose des obligations aux responsables de traitement établis à Madagascar, et la CMIL en assure désormais le contrôle. Du point de vue du RGPD, cela reste un élément à verser dans votre analyse d’impact, pas une base légale de transfert.
Le module 2 dans la grande majorité des cas, quand vous êtes responsable de traitement et que nous agissons comme sous-traitant. Si vous êtes vous-même sous-traitant de votre client final, c’est le module 3 qui s’applique, et nous devenons sous-traitant ultérieur. Le choix du module se fait avant la signature, pas après.
L’exportateur de données, avec l’assistance de l’importateur. Concrètement, vous la rédigez et nous fournissons les éléments factuels : flux, outils, hébergement, mesures de sécurité, analyse du droit local applicable aux demandes d’accès des autorités. Un prestataire qui propose de la signer à votre place se substitue à une responsabilité qui n’est pas la sienne, et vous laisse sans preuve utile le jour d’un contrôle.
Elles ne sont plus valables. Les anciennes clauses contractuelles types, y compris celles signées avant juin 2021, ne peuvent plus encadrer aucun transfert depuis le 27 décembre 2022. Un contrat ancien jamais rouvert doit donc être repris intégralement avec le modèle de la décision 2021/914, annexes comprises. Le contrôle est rapide et souvent négligé : vérifiez la date du modèle, pas seulement celle de la signature.
Seulement si vous avez modifié le contenu des modèles officiels de l’Union européenne. Des clauses reprises telles quelles ne font l’objet d’aucune formalité déclarative auprès de la CNIL. En revanche, elles doivent pouvoir être produites immédiatement en cas de contrôle, annexes complétées et datées. Conservez-les avec l’analyse d’impact correspondante, au même endroit que votre registre des traitements.
Les catégories particulières de l’article 9, dont les données de santé, ainsi que les données bancaires et les bases clients complètes. Une prestation de rédaction n’en a aucun besoin. Le principe de minimisation impose de ne transmettre que le strict nécessaire, et un extrait anonymisé couvre presque toujours le besoin réel.